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Nuit des Idées Tunis - Crédit Photo IFT
Résidence collaborative – Hive Arts et Culture Startup

Art et entrepreneuriat : qui sont les nouveaux acteurs en Tunisie ?

Des tapis colorés au tissage géométrique par terre. Des arbres sous une tente remplie de voix venues du monde entier, parlant une joyeuse cacophonie de langues étrangères. Des gens portant des costumes éclectiques et futuristes, d’autres en habits traditionnels berbères et sud-tunisiens. Des musiciens, des scribers qui dessinent sur les murs. Une atmosphère pleine de gaité, de rires, avec des étudiants, des jeunes, des entrepreneurs, des hommes et des femmes, tous en quête d’inspiration.

C’était la Nuit des idées “Face au présent” à l'Institut français de Tunisie, dans un cadre chaleureux dédié à l'art et la culture. Comme un rituel qui prend forme, car la Nuit des idées, née en janvier 2016 à Paris, rassemble chaque année des milliers de personnes partout dans le monde autour des idées, du débat public, dans un esprit festif et fédérateur.

Cette année, le 31 janvier, deux campeurs ont fait un saut de l’autre côté de la Méditerranée pour présenter la résidence collaborative de thecamp, Hive : Éric Viennot, co-fondateur de la Hive, et Walid Ben Haj Salah, l'un de ses premiers résidents et maintenant sound designer à thecamp — qui est, par ailleurs, tunisien.

Après l’évènement, Walid a passé le weekend à aller à la rencontre de nouvelles initiatives en Tunisie. On lui a posé quelques questions !

 

- Salut Walid ! Tout d’abord, comment est-ce que tu as vécu ton expérience en tant que “Hiver”, résident à la Hive ?

Pour moi, la Hive est une résidence unique en son genre. Généralement, les résidences artistiques proposent à des artistes de les accompagner au sein de leur structure ou bien de commencer un tout nouveau projet sur une mission donnée. Ce qui se passe à la Hive est bien plus spontané et inspirant ! On est encouragé à développer des idées radicalement nouvelles pour donner naissance à des projets collectifs puissants en termes d’impact social. C’est rendu possible par une véritable collaboration multiculturelle et multi-spécialités entre 20 résidents internationaux : des entrepreneurs, des artistes mais aussi des ingénieurs, des codeurs, des designers… travaillent ensemble pour amener de la fraicheur à thecamp. Ils forment un corps humain avec des milliers de vaisseaux qui font circuler des idées et des projets !

- Quelles ont été vos rencontres coups de cœur lors de cette Nuit des idées à Tunis et pourquoi ? 

Oh c’était riche en émotions et en rencontres ! En fait c’est drôle parce dans un sens, je suis un peu un ambassadeur de Tunisie à thecamp depuis plus d’un an. Et là, je me retrouvais ambassadeur de thecamp en Tunisie. Je me suis senti super fier de porter la vision de thecamp dans mon pays. Je remarquais les regards déterminés et positifs des gens qui veulent faire bouger et évoluer le pays, y créer des opportunités. En tout cas, je pense qu’il y a un vrai potentiel de collaboration entre thecamp et les communautés de startups qui sont en train de se former à Tunis. Un article de Forbes a même placé la Tunisie dans le TOP 10 des pays où il faut s’installer pour lancer sa startup !

Pendant cette soirée, il y avait deux incubateurs à notre table ronde qui m’ont particulièrement marqué. B@Labs et l’espace de co-working Cogite, qui proposent d’accompagner des startups engagées dans la cleantech (qui s’intéresse à l’optimisation des techniques et services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières...). C’est un secteur particulièrement intéressant car il a bien sûr un fort potentiel d’impact positif sur l’environnement. Et puis c’est du concret sur le terrain. Ils ont par exemple organisé des bootcamps avec des ONGs internationales afin d’améliorer la qualité de vie en Tunisie et ailleurs. 

- Quelles sont les nouvelles formes de collaboration que vous observez en Tunisie et où ?

À Tunis, il y a pas mal de manifestations artistiques qui sont nées juste après la Révolution du Jasmin. Certains utilisent les arts pour protéger et valoriser le patrimoine culturel tunisien.

Par exemple, le collectif INTERFERENCE, dans lequel des artistes tunisiens et internationaux travaillent ensemble dans le domaine des arts et lumières au sein des médinas de la région. 

UNDER THE SAND est un autre projet de rencontres artistiques transdisciplinaires et internationales qui a pour ambition de valoriser sur 3 ans (2016-2019) le territoire de la ville de Gafsa, aux portes du désert tunisien. 

Il y a aussi DREAM CITY : un festival pluridisciplinaire d’art contemporain organisé dans l’espace public qui expose des œuvres issues d’un processus de fabrication artistique de plus de 11 mois, au cours desquels artistes tunisiens et étrangers sont invités à innover dans leurs pratiques artistiques en créant in situ, dans un rapport de proximité avec le territoire et les populations. 

D’autres collectifs artistiques promeuvent des formes alternatives d’éducation civique par le design comme El Warcha, un atelier de design collaboratif situé dans le quartier de la Hafsia, dans la médina de Tunis.

C’est vraiment super inspirant de voir toutes ces initiatives sortir de terre ! 

 

Crédit photo : IFT
Walid Ben Haj Salah
Sound Designer & Ingénieur Son
Walid Ben Haj Salah