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Pashu Christensen
Accélération et incubation – Village by CAAP Entrepreneur Inspiration

Conversation avec Pashû Christensen

Un petit Nokia 3310 en poche, rien ne prédestinait Pashû Christensen à se fondre et se confondre au cœur de l’innovation technologique et de l’écosystème des startups.

 

Pourrais-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Diplômée d’une licence en Économie internationale de l’Université de Barcelone, puis d’un Master en Économie du Développement de Paris-Dauphine, j’ai commencé ma carrière aux services économiques de l’Ambassade de France en Équateur. Après avoir travaillé trois ans en cabinet de conseil à Paris, j’ai lancé un site de news en ligne sur le développement durable pour le compte de la société Reworld. Le succès était tel que le site a été racheté par un grand groupe média !  Par la suite, et aprés plusieurs entretiens pour une filière de Médecins sans Frontières, j’ai été envoyé comme cheffe de mission en Indonésie après le tsunami dans le but de gérer un programme d’éducation autour de la santé. Plusieurs mois plus tard, le gouvernement pris la décision d’évacuer toutes les ONG et agences onusienne. Nous avons donc levé le camp et je me suis envolée pour San Francisco.

Les États-Unis… c’était un tout autre décor ! Tout était nouveau pour moi, j’avais tout à construire et à apprendre une seconde fois. J’ai travaillé pour Rebellion Lab et Orange Labs, où nous organisions des learning expeditions pour des Comex des entreprises du CAC40 sur les grandes thématiques du moment : Big Data, Data Privacy, The Future of banking, Retail 2.0, etc.

Par la suite, j’ai voulu m’introduire dans le vif du sujet, au cœur de la Silicon Valley où j’ai rejoint un fond d’investissement avec un concept novateur de co-création de startups Big Data en BtoB. Une très grande réussite !

Après plus de 3 ans à Palo Alto, je me suis rapprochée de mon lieu de domicile et de vie en reprenant la direction de PARISOMA un des plus anciens co-working space au monde. Un endroit inspirant, regorgeant de vie et d’événements pour des pépites en devenir.

Enfin, avant de me diriger à nouveau vers l’Europe j’ai travaillé pour EIT Digital, une agence de la Commission Européenne, où j’ai développé un réseau d’acteurs et d’entrepreneurs Européens désireux de s’implanter à l’international et plus particulièrement aux États-Unis. 

En parallèle à ce parcours professionnel, et deux bébés californiens de moins de 3 ans, j’ai fondé, avec trois de mes amis, une startup dans la foodtech. Maize est une app pour trouver en temps réel les vendeurs de nourriture ambulant type foodtrucks, et home-chefs très présent dans la Bay Area. Aujourd’hui l’application est disponible sur IPhone et Android et réfère des centaines de vendeurs en temps réels dans la région !

 

Tu es aujourd’hui au sein de l’accélérateur de thecamp en charge du sourcing et de l’outreach

Oui, un jour j’ai lu un article dans la presse française alors que j’étais encore à San Francisco. L’article portait sur un tiers-lieu qui permettait à des gens, qui ne seraient jamais croiser, de se parler, d’échanger et de construire ensemble un futur plus durable et inclusif.

thecamp n’existait pas encore au printemps dernier et la vision m’a très vite parlé. À San Francisco, j’étais en admiration devant toute les avancées technologiques, l’innovation, la mentalité entrepreneuriale mais j’étais aussi sceptique face à une bulle où les gens se ressemblait, où la diversité et l’ouverture sur le monde entier n’étaient pas des ambitions centrales.

À contrario, thecamp offre ces dimensions dont nous avons besoin pour créer des solutions pour un futur plus durable et inclusif. Et puis, j’avais aussi l’envie de « rentrer » dans mon pays natal que je ne connaissais finalement pas si bien étant partie à l’étranger dès l’âge de 6 mois. J’avais aussi le désir de faire découvrir la langue et la culture française à mes jeunes enfants. Et puis, la Provence en venant de Californie ça parle... Le climat, la situation géographique, la lumière !

 

Quels sont les leitmotivs de ta vie ?  

J’aime aider les autres à grandir. Avoir un impact positif sur les gens que je croise c’est ce qui me donne de l’énergie. Au sein de l’accélérateur thecamp, je suis en charge, entre autres, de sourcer des startups de qualité avec un focus en Europe, en Europe de l’Est et en Afrique. De l’autre côté je recrute des mentors de qualité pour aider ces jeunes startups à grandir avec les conseils d’experts.

 

Si tu devais conseiller deux speechs à nos lectrices et lecteurs ?

Celui de Simon Sinek, sur le « Start with why ».  C’est un speech que j’aime bien partager avec les entrepreneurs avec qui je travaille parce qu’ils ont très souvent tendance à parler de leurs solutions, de leurs produits, mais ils oublient de faire rêver les gens et les faire adhérer à leur raison d’être et à leur vision !

L’autre serait celui de mon ami Nora Poggi, qui présente à TedX Barcelona son documentaire She Started It, ayant pour objectif de créer des modèles de femmes entrepreneuses, pour les jeunes filles afin de leur de redonner confiance ! Une merveille.

 

Dans quelle mesure ta condition de femme a pu avoir des conséquences sur ta vie professionnelle ?

J’ai eu beaucoup de chance je pense. En Californie j’ai travaillé avec beaucoup d’hommes (tech oblige…). Lorsque j’ai intégré The Hive, le fondateur m’avait promis que le job me permettrait de créer un réseau incroyable et d’acquérir de réelles compétences techniques et stratégiques afin de permettre l’accélération de startups en BtoB. Il m’a fait confiance très vite, m’a mis en avant, m’a confié un portefeuille de sponsors importants à gérer et nous avons lancé ainsi un des plus grands réseaux de data scientits aux États-Unis.

Lorsque je suis tombée enceinte une première fois, il m’a proposé une promotion, une augmentation et un emploi du temps plus flexible.

Un an après, quand je lui annonçais une deuxième grossesse, il m’a félicité à nouveau et m’a offert une deuxième promotion ainsi qu’un jour de congés dans la semaine. Je n’ai jamais autant aimé mon travail, l’équipe, et j’ai tout donné pour que toutes nos actions soient une réussite. Le fait d’avoir une vie équilibrée tout en ayant des responsabilités m’a finalement permis d’être efficace et redevable dans mon travail. Encore peu de gens, notamment ceux qui gèrent des boites où le stress et les attentes sont élevés, comprennent cette dynamique. Mais les mentalités changent petit à petit dans le monde entier.

 

Selon toi, quelles sont les qualités qu’une femme entrepreneuse doit posséder ?

Comme tout entrepreneur, une femme entrepreneuse doit avoir de la ténacité, une capacité à créer un réseau et ne pas hésiter à s’appuyer et à solliciter ce dernier. On n’arrive à rien seul, le réseau c’est fondamental, car ce sont des prescripteurs, des investisseurs, des futurs clients. Il faut toujours être à l’écoute, accepter l’aide et aider sans compter. Le karma je l’ai vu en action, c’est une vraie force dans la Silicon Valley et j’y crois beaucoup.

 

Un mot de conclusion ?

Don’t empower women, just recognize they're powerful :).