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Ingrid Kandelman
Future of Work Intelligence collective Collaboration

Le futur du travail selon… Ingrid Kandelman

Ingrid Kandelman est responsable de l’Exploration Futur(s) du Travail dans laquelle s’engagent cette semaine le groupe RATP et Air France-KLM aux côtés de thecamp. Elle a répondu pour nous à 3 questions sur les évolutions du monde du travail.

Ingrid, avant de commencer, est-ce que vous pouvez nous dire quel est votre métier ? 

Mon métier c’est “commissaire d’Exploration”. De quoi s’agit-il ? 

À thecamp, il s’agit de construire un programme pluri-acteurs autour d’un thème de société que nous jugeons prioritaire : le travail.  À la manière d’un commissaire d’exposition qui choisit les œuvres à exposer et pense la scénographie, je co-construis avec nos partenaires l’angle que nous voulons retenir, les objectifs que nous nous fixons, les méthodes à déployer et l’écosystème à réunir pour y parvenir.  L’objectif, c’est de créer des parcours de transformation et d’innovation qui permettent à des équipes opérationnelles d’inventer de nouvelles pratiques de travail, qui leur ressemblent.


1. Pourquoi est-ce le futur du travail serait différent de ce qu’on connait aujourd’hui ? 

La transformation humaine et organisationnelle se fait sur des temps très longs, et cela fait déjà plusieurs années que nous voyons émerger de nouvelles manières de travailler. Plus d’autonomie pour les équipes, des collectifs de travail étendus, la résurgence de la question du sens. Et ces évolutions s’accélèrent fortement depuis maintenant 2 ans. Certes, la technologie est un facteur majeur de ce phénomène, mais il en existe d’autres. Les pressions économiques d’une part, mais aussi les bouleversements environnementaux précipitent aujourd’hui ces évolutions en cours. Plus une semaine sans une nouvelle initiative autour du futur du travail…

2. Qu’est-ce qui vous inquiète quand on parle du futur du travail ?

En premier lieu, ce sont les initiatives qui visent à s’adapter à des grandes tendances (l’intelligence artificielle par exemple mais aussi le travail collaboratif), sans les ré-interroger et sans les mettre en perspective. Comme si nos marges de manœuvre se limitaient à anticiper un futur sur lequel nous n’aurions aucune prise. 

En second, les grands récits autour du futur du travail qui peuvent être complètement paralysants. A quoi bon réfléchir à ce sujet puisque nous seront bientôt tous remplacés par des robots ? 

Deux facteurs pour un même écueil : on parle beaucoup du futur du travail mais jamais d’un futur du travail souhaitable. À thecamp nous considérons que le futur du travail n’est pas à anticiper, il est à inventer, et qu’il faut le faire en incluant les collaborateurs, les équipes, ceux qui sont aux prises avec le travail réel.

3. Comment faire pour inventer un futur du travail souhaitable ?

La première étape, c’est de prendre le temps, et de créer des espaces de dialogue et de discussions autour de ce sujet. Il n’y a pas un futur du travail, ni un seul futur du travail souhaitable. Il y aura les futurs que des collectifs, des équipes auront décidé de se donner les moyens de vivre. Pour cela, il faut que ces équipes puissent ensemble discuter et se confronter à d’autres cultures, pratiques, habitudes. C’est pour cela que nous avons choisi de proposer un programme multi-acteurs autour de ce thème du travail, qui donnera l’occasion à des participants d’équipes et entreprises qui ne se connaissent pas de croiser leurs regards et expériences.

La seconde piste c’est de prendre conscience des moyens que nous avons pour construire des alternatives aux grands récits du futur dans lesquels nous évoluons. Un outil pour y parvenir c’est de mobiliser les imaginaires. Il y a aujourd’hui des techniques qui mobilisent les arts et la fiction pour ouvrir de nouvelles perspectives, proposer de nouveaux scénarios d’avenir et aider les acteurs à identifier des nouvelles pistes d’action. Les participants à l’Exploration Futur(s) du Travail éprouveront ces techniques lors de leurs ateliers sur thecamp, le lieu étant central dans cette volonté de se décadrer !

Et puis, il faut prototyper, essayer, tester ! Et se rappeler les utopies concrètes ! L’avenir qui nous attend n’est pas univoque, il faut multiplier les essais, les tentatives, les itérations pour que chacun, à sa façon construise concrètement son futur souhaitable.